Non-voyance et animation

Ce sujet a 6 réponses, 5 participants et a été mis à jour par Photo du profil de Maxime Matim, il y a 2 mois et 2 semaines.

7 sujets de 1 à 7 (sur un total de 7)
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  • #572011
    Photo du profil de Maxime
    Matim
    Participant

    Pour info, du 13 au 19 novembre 2017

    >SEMAINE POUR l’EMPLOI DES PERSONNES HANDICAPEES

    **

    #571539
    Photo du profil de XXYYZZ
    XXYYZZ
    Participant

    <div class= »message-content »>

     

     

    A mon tour , je publie la réponse, par MP, de Malouplume à mon message.

     

    Bonjour XXYYZZ !

    En fait, avant-hier j’ai voulu répondre à la discussion que j’avais lancée sur le forum général, mais je me suis aperçue que ça ne fonctionnait pas avec mon ordinateur braille car quand je clique sur « Envoyer », il ne se passe rien. C’est dû au fait que j’aie un navigateur très ancien qui n’est plus du tout adapté, et donc beaucoup de choses ne fonctionnent pas correctement sur Internet. Je peux créer des discussions, mais visiblement pas y répondre à cause de cet ordi peu évolué, alors je te réponds par message privé, parce que ça ça marche. J’aurais évidemment préféré pouvoir échanger avec tout le monde sur le forum, mais bon ce n’est pas grave, j’ai quand même un moyen de vous répondre.

    Alors pour commencer, je tenais à te dire un très grand merci pour ta réponse détaillée, c’est vraiment très gentil !

    Je ne m’attendais pas vraiment à recevoir des messages aussi positifs en plus, donc ça me fait énormément plaisir !

    Oh je suis contente que le sujet t’intéresse !

    Oui, justement c’est principalement le côté relationnel qui m’attire dans l’animation, les échanges, le partage, le fait de vivre avec d’autres personnes et d’apprendre peu à peu à mieux les connaître, de s’enrichir personnellement grâce aux singularités de chacun, de vivre des moments forts ensemble, de s’écouter, de rire, de jouer, de se soutenir, de s’apporter mutuellement des choses en créant au fil des jours une bonne dynamique de groupe, d’en apprendre plus sur soi-même également… Et ce qui m’intéresse aussi, c’est de pouvoir collaborer avec les autres membres de l’équipe, de réfléchir à ses pratiques et de les remettre en question dans le but commun de faire au mieux pour tous les enfants, de leur permettre de se divertir et de s’amuser dans un climat chaleureux et sécurisant, de leur apporter un peu de bonheur durant leur temps de loisirs, d’essayer de faire en sorte qu’ils puissent s’épanouir au contact des autres sans se croire indispensables bien sûr et en n’oubliant pas l’importance de laisser aussi les enfants entre eux, de leur faire découvrir de nouvelles choses, d’évoluer ensemble pour savoir comment être avec chacun sans se fixer sur un fonctionnement entièrement écrit à l’avance, de tout faire p´our que tous les enfants accueillis se sentent bien et retirent quelque chose de cet accueil… Enfin je ne sais pas trop si mes mots retranscrivent précisément mes motivations, c’est assez difficile d’exprimer ça je trouve…

    Oui, tu as raison, c’est vrai qu’être aveugle n’empêche pas d’animer des activités et qu’il y a énormément de choses qu’on peut proposer aux enfants sans y voir. D’ailleurs, je m’étais préparé une très l´ongues liste d’animations qui me plaisaient bien et qui me semblaient réalisables par une personne non-voyante il y a quelques temps, et il y a tout plein de possibilités, le nombre est infini, il faut juste bien réfléchir.

    Pour ce qui est de mon degré d’autonomie, j’avoue que je me pose pas mal de questions au sujet des déplacements… À l’intérieur je pourrai être totalement autonome je pense, parce que dans l’ALSH où j’ai fait mon stage, durant les premiers jours j’ai pris des repères dans les locaux avec mon AVS (la personne qui s’occupait de moi au lycée, qui me transcrivais les cours en braille etc) et les anims, puis au bout de quelques temps j’ai su me déplacer seule sans aucun problème, je savais où se trouvait chaque pièce et comment l’espace était organisé à l’intérieur etc. Mais ce qui me soucie un peu, ce sont les déplacements à l’extérieur, parce que si on va sur la route, ça risque d’être un peu compliqué pour moi et ça obligera quelqu’un à me tenir la main comme à une enfant… Quand on allait chercher les enfants à l’école le soir pendant cette semaine de stage, mon AVS devait me donner la main pour éviter que je me fasse écraser… Par contre, s’il n’y a pas de danger dehors et qu’on est dans un endroit où il n’y a pas trop de voitures, je peux suivre les gens à la voix sans aucun souci. Mais je vais habiter à Bordeaux à partir de septembre, et pour y être allée plusieurs fois déjà, je crois savoir qu’il y a énormément de circulation, dans tous les sens…

    Pour le fait que la privation d’un sens permettrait de mieux développer les autres, c’est vrai qu’on me le dit souvent, et j’avoue que je ne sais jamais trop quoi répondre… Il est certain que le toucher est très développé chez une personne non-voyante puisqu’elle doit lire le braille avec ses doigts et être capable de distinguer les différentes combinaisons de points. Du coup, comme j’ai dû tout particulièrement développer ce sens, je peux reconnaître les gens que je connais en touchant leurs mains en général. Pour l’odorat, je ne sais pas s’il est plus développé chez les aveugles ou pas, je pense surtout que ça dépend des personnes. C’est vrai que je reconnais facilement une personne grâce à son parfum ou un lieu à son odeur, mais je pense que ça doit être aussi le cas pour beaucoup de d’autres gens. Pour le goût je ne sais pas du tout par contre, et pour l’ouïe, il est vrai que je fais très attention à ce que j’entends du coup puisque je n’y vois pas, et donc je dois reconnaître les personnes à leur voix. Et quand je suis près d’une porte, d’un mur, de quelqu’un ou de quelque chose d’assez haut, c’est un peu étrange mais je peux le percevoir avec mon oreille. Mais je pense que tout ça, c’est juste parce que je dois beaucoup utiliser mes autres sens, mais il y a très certainement des personnes qui sont aussi des sens très développés, un masseur, un testeur de parfums ou de nourriture, un musicien par exemple…

    Oui, je suis effectivement très motivée, c’est vraiment mon rêve de travailler dans l’animation !

    Oui, tu as raison, il sera important que je mentionne mon stage dans mes futurs entretiens d’embauche si je me lance dans l’animation. Ah quand j’ai écrit « en troisième », je voulais dire que j’ai effectué ce stage quand j’étais en classe de troisième au collège, j’avais 14 ans.

    Merci, c’est très gentil de me dire que je ne serais pas un fardeau pour l’équipe si j’étais anim, c’est très rassurant. Oui, j’imagine qu’un animateur qui ne fait rien et n’écoute aucun conseil, ça doit être un réel handicap pour tout le monde.

    Oui, je me sens capable d’être anim, enfin je pense.

    Oui, c’est vrai que j’ai aussi un peu peur que certains parents soient un peu effrayés à l’idée de confier leurs enfants à une personne aveugle, voire le refusent carrément, ce que je pourrais très bien comprendre… Mais j’espère qu’ils sauront prendre en compte le fait qu’on soit une équipe et qu’on arrivera à leur faire comprendre que personne ne laissera jamais leurs petits sans surveillance.

    C’est réconfortant de lire que le handicap ne serait pas pour toi un obstacle pour recruter un animateur et que tu te baserais sur les mêmes critères que pour les autres !

    Ah oui c’est vrai pour les CVL, en fait j’ai tellement été habituée à lire cette appellation que je l’utilise sans réfléchir, mais elle n’existe plus depuis 2008 je crois, donc il faudrait que je me mette à la page ^^.

    D’accord pour les diplômes, je vais essayer de me renseigner sur les adaptations possibles.

    En tout cas, merci beaucoup pour tes encouragements !

    Oui, je vous tiendrai au courant de la suite, promis !

    Bonne journée et à bientôt !

    </div>

    #571249
    Photo du profil de Shaaa
    Shaaa
    Participant

    Suite à des des complications techniques, Malouplume a pu m’envoyer un message privé pour réponse que je copie ici :
    <div class= »message-content »>

    Bonjour Shaaa !

    Hier j’ai voulu répondre au sujet que j’avais créé sur le forum général l’autre jour, mais ça ne fonctionne pas avec mon ordi. En fait, c’est un ordinateur braille qui a un navigateur très ancien et beaucoup de choses ne marchent pas avec sur Internet. Là, rien ne se passe lorsque je clique sur « Envoyer », donc apparemment je peux créer des discussions mais pas y répondre à cause de cet ordi peu évolué. Je vais donc essayer de t’écrire une réponse par message privé en espérant que ça fonctionne, puis je ferai de même pour les autres personnes qui m’ont répondu. Bon ce n’est pas l’idéal pour un véritable échange collectif, mais c’est quand même mieux que rien et je tiens vraiment à vous répondre.

    Déjà, je te remercie énormément d’avoir pris le temps de me répondre, c’est très très gentil ! Je ne m’attendais pas vraiment à recevoir des réponses aussi positives en plus, donc j’ai été super heureuse de te lire, et ça me rassure beaucoup de savoir que tu as connu des personnes dans le même cas que moi et de constater que c’est par conséquent tout à fait possible de travailler dans l’animation en étant aveugle !

    Sinon, en fait, ce qui m’attire surtout dans l’animation, ce sont justement les relations qu’on peut tisser avec les enfants et également avec les collègues, les échanges, le partage, la complicité qu’on peut avoir, l’écoute qu’on peut s’offrir, et aussi le fait d’évoluer, de grandir au contact des autres, de s’apprendre et de s’apporter mutuellement des choses, de s’enrichir personnellement grâce à la diversité humaine, de remettre ses pratiques en question et de collaborer et échanger des idées et des points de vue différents en équipe dans l’intérêt de tous les enfants dans le but de pouvoir faire ce qu’on peut faire de meilleur pour eux et leur apporter un peu de bonheur si possible pendant le temps qu’ils passent au centre ou en colo, de toujours se questionner, s’ajuster et se renouveler pour répondre du mieux possible à chaque situation qu’on rencontre, de rire et de jouer avec les enfants également, de créer une dynamique de groupe agréable tous ensemble etc, enfin je pourrais écrire un roman là-dessus !

    C’est vrai que dans mon message sur le forum, j’ai principalement mis l’accent sur les activités, sur les projets d’animation, sur la méthodologie de projet etc (enfin je ne sais plus si j’ai parlé de ça mais bon), parce que plusieurs personnes m’ont dit que si je voulais avoir une chance de travailler dans l’animation, il ne fallait pas que je me contente de dire que j’aimais le contact avec les enfants et avec l’être humain en général, mais que je devais surtout montrer que j’étais motivée pour proposer tout plein d’activités intéressantes pour amuser les enfants en ayant des intentions et des objectifs pédagogiques et éducatifs précis, que c’était le plus important. Mais je suis très contente de voir qu’il y a aussi des animateurs qui accordent autant, voir plus d’importance aux relations humaines qu’aux activités dans leur métier, ça me fait plaisir de lire ça !

    En fait, je m’intéresse tout particulièrement à l’accompagnement bienveillant des enfants et à la non-violence éducative depuis très longtemps, c’est d’ailleurs sur ce sujet-là que j’ai commencé à me « documenter » quand je me suis dit que je voulais devenir maman plus tard et travailler dans le milieu de l’enfance il y a 6 ans. C’est peut-être un peu étrange comme passion pour une enfant, mais je passais tout le temps que je pouvais à lire des choses là-dessus, et je le fais toujours d’ailleurs. Puis j’ai voulu être enseignante et je me suis intéressée aux pédagogies actives centrées sur le respect des besoins et du rythme de l’enfant, j’ai notamment été conquise par certains des aspects des pédagogies Freinet, Montessori, Steiner, de la pédagogie de projet, de l’apprentissage par les pairs, de la classe inversée etc, enfin je prenais ce qui correspondait à mes convictions, pas tout bien sûr. Mais je me suis rendue compte que ce qui m’attirait vraiment ne résidait pas tellement dans la transmission de savoirs, mais plutôt dans le partage et la rencontre avec l’autre justement mais pas dans un contexte scolaire, j’en ai donc conclu que je souhaitais plutôt aller vers le social. J’ai alors voulu devenir éducatrice spécialisée pour pouvoir aider des enfants et des familles dans le besoin à aller mieux et à mieux vivre, j’ai fait beaucoup de recherches et ça m’a appris plein de choses. J’ai aussi un peu pensé au métier d’assistante sociale dans la protection de l’enfance. Mais je me suis assez vite rendue compte que là encore, il me manquait quelque chose quand je me projetais dans l’avenir, et qu’au-delà de l’aspect socio-éducatif et le fait de vouloir aider les autres et être utile, il y avait aussi autre chose qui m’intéressait. En fait, je voulais exercer un métier plus « léger » en quelque sorte, un métier où le rêve et le divertissement avaient vraiment une place au premier plan, et puis assistante sociale, ça aurait été trop dur pour moi psychologiquement je pense. J’ai alors songé au métier d’animatrice, je me suis beaucoup renseignée et j’ai vraiment vu que c’était ça que je voulais faire, essayer de permettre à des enfants tous différents de se divertir, de s’éclater, de nouer des relations positives avec les autres et de s’épanouir à leur contact, de rêver, d’imaginer, de construire, de créer, d’apprendre, de découvrir de nouvelles choses pendant leur temps de loisirs, et tout ça dans un milieu le plus chaleureux, dynamique et bienveillant possible où tout est fait pour qu’ils se sentent bien et heureux. Et je ne démords pas de cet objectif !

    Bon, bien sûr c’est sans doute une vision très idéalisée de ce qu’est l’animation et je suppose que ça ne doit pas toujours être si simple sur le terrain et qu’il doit souvent être très difficile de transformer ses beaux idéaux en actes et je ne sais pas si je serai toujours aussi optimiste dans 10 ans si je me lance dans l’animation, mais bon je crois que je ne me verrais pas travailler dans le social sans être un peu idéaliste ^^.

    Oui, c’est sûr qu’être anim doit demander un investissement émotionnel, relationnel et personnel immense et que si on veut faire au mieux il doit sûrement falloir donner beaucoup de soi, et j’imagine aussi que ça ne doit pas être très facile de garder la distance qui incombe au métier, de rester à sa place d’anim par rapport aux problèmes des enfants par exemple sans trop s’immiscer dans leur vie tout en restant suffisamment disponible et proche d’eux pour pouvoir créer avec eux un climat de confiance et de pouvoir leur offrir toute l’écoute et l’attention dont ils ont besoin, et j’imagine aussi que prendre du recul doit être compliqué parfois, surtout quand on n’a pas beaucoup d’expérience comme tu le dis. Mais je crois que c’est ça qui m’attire aussi, les défis, le fait de s’investir… Mais c’est sûr que ça doit être assez dur par moments, même avec de la bouteille.

    Merci beaucoup pour tous ces renseignements sur les diplômes, c’est rassurant ! J’ai très envie de passer le BAFA déjà, la formation m’attire vraiment, même si je sais qu’elle est courte.

    Ah bon ? Je ne savais pas du tout que le ministère de la jeunesse et des sports n’existait plus, tu me l’apprends !

    La direction ne m’attire pas trop trop pour l’instant en fait, peut-être plus tard quand j’aurai de l’expérience, mais bon là je préfèrerais être anim, même si j’imagine qu’un directeur peut aussi participer aux animations s’il a le temps. Toi tu es directeur/trice ?

    Oui tu as raison, c’est vrai qu’on peut proposer tout plein d’activités et de jeux sans y voir. Je crois que ce qui m’inquiète surtout c’est qu’il y ait un accident « à cause de moi », dans le cas où un enfant se mettrait en danger par exemple. Mais ça me rassure de voir que tu penses qu’il est possible de s’organiser en équipe pour que la non-voyance d’un anim ne cause aucun souci à personne !

    Voilà, encore merci pour ta réponse et bonne soirée !

    </div>

    #571014
    Photo du profil de XXYYZZ
    XXYYZZ
    Participant

     »

    Je suis toute nouvelle sur le site, et je viens vers vous pour solliciter vos avis sur une question que je me pose maintenant depuis de nombreuses années et à laquelle j’ai jusqu’à présent obtenu des réponses très contradictoires.;
    ;Comme les deux autres intervenants je trouve ce sujet super intéressant. D’abord merci de l’avoir lancé.
    Je vais essayer de donner mes avis, bien que je n’ai jamais eu dans les séjours et Accueils que j’ai dirigé, des animateurs aveugles. Un fois cependant, une animatrice qui avait les deux bras atrophiés.
    Je vais tenter d’être le plus franc possible sans démagogie.. Même si mes propos sont un peu en vrac.
    Comme l’a bien dit Shaaa, dans le travail d’animateur, il n’y appas que les activités. le coté relationnel, avec les enfants et les autres membres de l’équipe est aussi important.
    De plus je pense que ton handicap ne t’empêches pas de pratiques certaines activités. Tout dépend de ton degré d’autonomie, et de ta motivation.

    J’ai entendu dire que lorsque une personne est privé d’un sens ( dans ton cas la vue) les autres sens sont beaucoup plus développés. Est ce vrai ??

    ;Ce que je trouve positif est qu’une grande partie de ton message montre ton immense motivation. C’est un atout important.
    ;J’ai effectué un stage d’observation pendant une semaine dans un centre de loisirs en troisième, dans le groupe des grands (entre 6 et 11 ans),. Tout s’est très bien déroulé
    Puisque tout s’est bien déroulé, tu va pouvoir évidement faire valoir cette expérience pour une autre embauche et pour entrer en formation BAFA. Ceci me semble très important et devrait t’encourager .
    Par contre ,que veux tu dire par en troisième ?? Je ne comprends pas.
    Mais le problème, c’est que je ne suis pas sûre du tout que mon handicap soit compatible avec ce métier ? J’imagine que je serais un véritable « fardeau » pour l’équipe;je pense là que tu exagères un peu et même un peu beaucoup. Il n’y a aucune raison que tu sois un « fardeau » dans la mesure où tu es motivé et tu veux faire de ton mieux. Le fardeau c’est lorsque un animateur ne fout rien et n’écoute rien. J’en ai malheureusement connu.

     donc les réglementations concernant le nombre d’animateurs requis par nombre d’enfants ne seraient pas respectées,
    ;La règlementation concernant le nombre d’animateurs, ;n’a rien à voir la dedans.
    forcément, mon entourage me donne des points de vue très divergeants… Ma conseillère d’orientation m’a dit que c’était certainement possible, qu’en pensez-vous ?

    Je pense que ta conseillère d’orientation te connais mieux que moi. Mais le plus important est ce que toi tu te sebns capable de faire.
    Pour être tout à fait franc, avec toi, je pense que la principale difficulté risque de venir des parents des enfants. Mais depuis quelques années certaines perceptions ont évolué dans le bon sens.
    En tant que directeurs, recruteriez-vous un anim aveugle ?

    Chaque fois que j’ai engagé un anim ou une anim, que je ne connaissait pas, j’ai eu un entretien avec la personne. Je ferais la même chose avec un animateur aveugle ou porteur d’un autre handicap.. La décision serait, bien sur, prise à la fin de l’entretien. Dionc franchement, il m’est impossible de te répondre avec sui peu d’élément.

    ;Et je me demande aussi, tout simplement, si une personne aveugle peut ou non obtenir les diplômes du BAFA, du BAFD, du BPJEPS, du DEFA, du BEATEP.
    Ce que je sais est que pour pratiquement tous les brevets , diplômes ou autres il y a des adaptations possibles. Mais je ne connais pas les détails.
    J’aimerai aussi faire un CVL mais cela serait plus compliqu » q’un   ALSH

    La il y a une erreur.
    Les CVL n’existent plus.
    Il y a ( en gros et en simplifiant) les Séjours de vacances avec hébergement; les Accueils de loisirs sans hébergements. L’ensemble des deux, avec quelques autres, sont les ACM( Accueils Collectifs de Mineurs).
    ;Pour conclure, si tu en a envie; allez lance toi.
    aussi j’aimerai bien connaître la suite. Merci.

     

     

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 mois et 3 semaines par Photo du profil de XXYYZZ XXYYZZ.
    #570963
    Photo du profil de Tuna_Sandwich
    Tuna_Sandwich
    Participant

    Hola Malouplume !

    Ton message soulève plein de questions intéressantes. J’essaye d’y répondre prenant en compte mon expérience personnelle.

    J’ai été anim pendant quelques années (je compte revenir bientôt à l’animation) et je ne trouve pas en quoi cela pourrait être un obstacle. Je suis assez d’accord avec Shaaa sur le fait que l’essentiel, ce sur quoi tout repose, c’est la relation humaine avec les autres, que ce soit l’équipe ou les personnes que l’on met à la place du « public » (entendant par là que c’est nous qui faisons le spectacle, mais bon, ça c’est une autre pair de manches et c’est pas le moment).

    Mais même, si l’on prend en compte l’activité, il y a certainement des tas de choses qui te passionnent et qui pourront faire le pont entre toi et les autres sans besoin de te/vous mettre dans des situations impossibles, je sais pas, une première pensée m’amène à tout ce qui tourne autour du conte, au jeu, à l’expression dramatique… bref, y a des centaines de choses dans lesquelles la vue n’est pas indispensable pour animer, à mon avis.

    Au niveau du fonctionnement d’une équipe il me semble que, comme plein d’autres caractéristiques ou conditions, la cécité demande juste d’imaginer la meilleure manière de composer avec ce que l’on est, chacun, chacune, avec nos limites et nos points forts. Personnellement, je pense qu’un fonctionnement sain repose sur ce principe indépendamment de qui est concerné, je considère qu’il est indispensable de ne pas partir sur un fonctionnement fixe qui s’impose à toutes les personnes qui viennent -encore une fois, qu’elles soient partie de l’équipe ou du « public »- et qui doivent rentrer dans ces cases immuables. D’après moi, pour bien faire marcher un truc il faut le concevoir de manière fluctuante, adaptable, vivante et construite avec ces personnes-là. Malheureusement, ce n’est pas le cas partout -c’est plutôt assez rare, bien des lieux ont un fonctionnement qui rassemble à l’usine- mais tu pourras peut-être trouver des endroits et des personnes qui seront prêtes à travailler selon ces bases.

    Je me risque à faire un parallèle avec ma situation qui est tout à fait différente, mais elle se rapproche sur certains points. Je suis espagnole et je suis arrivée en France il y a bientôt six ans (ohlalàaaa le temps passe vite !). À mon arrivée, je baragouinais un français plutôt basique et scolaire, et je me suis lancée dans l’animation (que je faisais déjà dans mon chez moi d’origine). Ma très relative maîtrise de la langue pouvait être considérée comme un handicap dans ce milieu : incapacité à bien saisir ce que les gosses se racontent entre eux (et notamment, à distinguer un insulte d’une parole d’amour), à bien comprendre ce qu’ils et elles attendaient de moi ou me demandaient à certains moments, à bien communiquer avec mon équipe et avec les parents qui demandent des infos sur la journée ou préviennent de certains trucs, à gérer des situations d’urgence… bref, pour faire un peu dans la caricature : comment tu vas être anim’ si tu sais même pas comment les engueuler ?!! Loin d’être un obstacle, je considère que cela a été positif dans l’ensemble : au niveau des premières équipes où j’ai travaillé je pense qu’il y a eu une réflexion plus poussée sur la manière dont on se repartit les tâches et comment on prend le relais entre nous quand quelqu’un est en difficulté ; au niveau des parents, ça a permis aussi de penser aux manières et moyens de communiquer avec ceux et celles qui ne parlent pas français ou avec qui on retrouvait d’autres soucis de communication -genre, une présence minimale ou peu d’attention à ce qui se passe dans l’accueil de loisirs ou la colo- ; par rapport aux enfants et aux jeunes, je crois que cela a apporté un plus à notre relation. Loin d’être l’animatrice superpuissante qui sait tout (et du coup à des kilomètres de distance de l’enfant qui ne sait rien) ils voyaient qu’ils pouvaient m’apporter, m’apprendre plein de trucs et être aussi dans la position de « celui qui sait ». Certes, ils m’ont joué des centaines de tours mais on a bien rigolé la plupart des fois, et quand il s’agissait de tours carrément pas sympas on a profité pour essayer d’en « discuter » (je le mets entre guillemets parce que franchement, je suis pas sûre qu’il s’agissait d’une discussion vu que la parole était très basique…). Par ailleurs, ça m’a permis aussi de travailler sur des aspects que je n’avais pas expérimenté jusque-là et que j’ai découvert à l’occasion. Je pense que la réciprocité dans la relation, le fait de ne pas être tout le temps celle qui détient le pouvoir, nous a fait beaucoup de bien.

    Du coup, le conseil que je peux te donner c’est le même que je donne à tous les autres anims que je croise : vas-y, fonce, avec des personnes et dans des endroits où il y a une volonté de réfléchir ensemble et d’agencer avec ce que chacun et chacune peut apporter, où rien (ou très peu) n’est écrit à l’avance et que tu peux trouver ta place avec les autres, où l’on te donne le temps d’avoir des repères et de t’investir avec ce que tu es. Certes, ça nécessite un peu de temps, parfois on croit que dans un endroit où ça va marcher et puis non, mais quand ça marche oh que c’est beau !

    Et enfin, je pense que c’est clair mais je serais tout à fait partante pour bosser avec une personne aveugle, avec toi même, tant que tu es sur cette longueur d’onde et qu’on partage une conception rapprochée de ce qu’être anim… bref, comme avec les autres :-)

    Tiens-nous au courant de la suite de tes aventures !

    #570878
    Photo du profil de Shaaa
    Shaaa
    Participant

    Alors, en voilà des questions intéressantes et d’emblée, ma réponse est affirmative. Et au-delà de mon point de vue, j’ai pu côtoyer une personne aveugle pendant une session de formation BAFA – qu’elle a obtenu avec brio – ainsi que parmi un organisateur de séjours qui tenait aussi à embaucher des personnes aux capacités diversifiées.

    Ensuite, de ce que j’ai compris de tes documentations, il convient de noter que parmi l’ensemble de la journée d’un centre de loisirs, les activités restent une part parfois ridicule du travail au niveau quantitatif. La majeure partie du temps est remplie par des discussions et des échanges avec les enfants. Ce travail relationnel, trop souvent invisible et peu valorisé, n’est pas toujours évident à réaliser parce que éminemment « subjectif », dans l’interaction. Et, que l’on soit aveugle ou non, c’est humainement prenant ou pesant. Parfois, on croit que l’animation ou animer consiste à mener des activités, et c’est ce qui est valorisé partout, mais, m’est avis qu’on se fourvoie.

    Au-delà du bruit, du stress et autres préoccupations de surveillance, il y a une certaine charge émotionnelle à gérer : des rires à partager, un sourire à donner, du réconfort à distribuer, des pleurs à essuyer mais aussi des agacements à dépasser, des énervements à taire, des colères à ravaler, des sanglots à cacher… Or, des jeunes animatrices et animateurs que j’ai rencontré, leur juvénilité ne le soutenait pas toujours pour prendre un peu de « recul ». Par contre, celles ou ceux qui avaient « vécu », « bourlingué », de l’expérience – terme qui est pratique pour résumer – pouvaient prendre plus facilement de la « distance » avec leur rôle et leurs émotions. Il y a des passerelles avec les professionnelles de la petite enfance qui accueillent et prennent soin de jeunes enfants. Reste à savoir comment tu abordes ou approches ta situation mais, ton message, m’en donne un aperçu.

    Concernant la réglementation et le fameux ratio, le fait que tu sois aveugle ne change en rien le calcul ni la part du travail des collègues. Cela reste une question d’organisation de l’équipe et de répartition du travail en considérant l’ensemble des personnes. De même pour les diplômes, la dénomination du ministère n’engage en rien de l’emploi occupé ou des qualités requises. Actuellement, il n’existe plus de ministère « jeunesse et sports » donc on peut être rassurés. :-D Généralement, le BAFA est une première entrée accessible pour travailler dans de nombreuses conditions et, si jamais un employeur est prêt à financer le coût exorbitant, le BPJEPS reste un diplôme reconnu par les employeurs. Le BAPAAT est en pleine refonte tandis que le DE(S)JEPS renvoient à des niveaux coordination et de direction qui s’éloignent de l’animation et des enfants. Ce qui est plus calme, en apparence. :-D

    #570647
    Photo du profil de Malouplume
    Malouplume
    Participant

    Bonjour !

    Je suis toute nouvelle sur le site, et je viens vers vous pour solliciter vos avis sur une question que je me pose maintenant depuis de nombreuses années et à laquelle j’ai jusqu’à présent obtenu des réponses très contradictoires.

    Voilà, j’ai 18 ans et je suis aveugle de naissance. Or, depuis très longtemps, l’un de mes plus grands rêves est de devenir animatrice à l’année dans un centre de loisirs. Je pars à la fac en septembre et j’aime évidemment beaucoup la filière que j’ai choisie (la philo), mais j’avoue que travailler dans ce domaine plus tard ne me fait aucune envie. Moi, ce à quoi j’aspire vraiment, c’est d’exercer dans l’animation et d’évoluer au contact d’enfants de tous horizons.

    Depuis l’âge de 12 ans environ, je passe une grande partie de mon temps libre à me documenter sur le sujet de l’animation, sur les rôles de l’animateur, sur les différents types d’activités qu’il est possible de proposer aux enfants et sur leur implication pédagogique, sur la manière de préparer et de mettre en place ces activités, sur le fonctionnement des structures de loisirs, sur le développement moteur, sensoriel, social et affectif de l’enfant et de l’adolescent, sur les neurosciences cognitives et affectives etc. J’ai aussi lu beaucoup de témoignages d’animateurs, de formateurs, de directeurs, de projets éducatifs et pédagogiques… Enfin bref, comme vous pouvez le voir, c’est une véritable passion pour moi !

    J’ai effectué un stage d’observation pendant une semaine dans un centre de loisirs en troisième, dans le groupe des grands (entre 6 et 11 ans), et cette expérience n’a fait qu’accroître ma motivation, le stage m’ayant énormém´ent plu et intéressée. Tout s’est très bien déroulé et j’ai vraiment été attirée comme un aimant par le monde de l’animation et sa philosophie visant à favoriser le bien-être et l’épanouissement des enfants en leur apportant tout plein de choses via le contact humain et les activités proposées.

    Mais le problème, c’est que je ne suis pas sûre du tout que mon handicap soit compatible avec ce métier… Enfin je veux dire, comment un animateur aveugle pourrait-il assurer pleinement la sécurité physique d’un groupe d’enfants ? C’est impossible. J’imagine que je serais un véritable « fardeau » pour l’équipe qui serait obligée de surveiller les enfants à ma place, et donc les réglementations concernant le nombre d’animateurs requis par nombre d’enfants ne seraient pas respectées, puisque je ne pourrais pas effectuer toute ma part du travail. Je pourrais aussi difficilement animer des activités visuelles ou sportives, et encore moins encadrer des sorties à l’extérieur du centre…

    Je n’ai donc jamais réellement envisagé la possibilité de devenir animatrice, et si je lis autant de choses au sujet de l’animation, c’est uniquement par passion. Mais je viens quand même vous demander ce que vous pensez de ma situation, à vous qui travaillez sur le terrain, car forcément, mon entourage me donne des points de vue très divergeants… Ma conseillère d’orientation m’a dit que c’était certainement possible, qu’en pensez-vous ?

    Auriez-vous par hasard déjà travaillé avec des collègues aveugles ? Et si ce n’est pas le cas, cela vous dérangerait-il ? En tant que directeurs, recruteriez-vous un anim aveugle ?

    Et je me demande aussi, tout simplement, si une personne aveugle peut ou non obtenir les diplômes du BAFA, du BAFD, du BPJEPS, du DEFA, du BEATEP ou autres, étant donné que si je ne dis pas de bêtise, tout ou partie de ces diplômes sont délivrés par le ministère de la jeunesse et des sports et que ça serait compliqué pour moi de faire du sport, et donc de valider tous les acquis ?

    Évidemment, vous n’êtes pas obligés de répondre à mes nombreuses questions hein ^^ !

    L’animation en CVL m’intéresse aussi énormément, mais là je crois que ça serait encore plus compliqué pour moi qu’en CLSH…

    Voilà, un très grand merci d’avance pour votre lecture et vos réponses !

    Bonne soirée !

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